Rencontre avec un guérisseur bomoh de la tribu Orang Asli

Salut les amis !

Nous poursuivons notre aventure à la rencontre des médecines traditionnelles. Aujourd’hui, destination les Cameron Highlands en Malaisie. Nous y avons passés quelques jours à la découverte des beaux paysages montagneux et verdoyants. Le dernier jour de notre séjour, nous avons eu la chance de rencontrer une des tribus indigènes appartenant à l’ethnie des Orang Asli. Et pour couronner la journée, nous avons pu rencontrer un guérisseur traditionnel bomoh et assister à une cérémonie de « désenvoûtement ». Nous proposons de te raconter cette rencontre pour le moins étrange 🙂

Avant propos 🙂

Notre histoire, elle commence un peu comme celle de notre rencontre avec la guérisseuse Batak 😉 Tandis que nous sirotons un peu jus de fruit sur une terrasse, nous cherchons avec Rhéa la manière de trouver un contact qui nous mènerait à la rencontre des Orang Asli et de l’un de leur guérisseur bomoh. Ce soir là, notre route croise celle d’un vendeur ambulant qui nous tuyaute sur un petit village Orang Asli situé à quelques kilomètres de Tanah rata où nous séjournons…

Le lendemain matin, nous voilà partis en scooter à la rencontre de ce petit village Orang Asli. La fin de notre chemin  débouche sur un village qui n’a plus vraiment l’air d’un village traditionnel. Les maisons traditionnelles en bois et sur-élevées du sol ont maintenant laissé place à des habitations en dur. Nous apprendrons quand même plus tard que quelques habitants « réfractaires » habitent encore dans des habitations traditionnelles au cœur de la jungle.

guérisseur-bohmo_06

De fil en aiguille, nos premiers contacts avec les locaux débouchent sur la rencontre de Linda, une jeune adolescente très sympathique qui aspire à devenir flic. 😉 Linda parle très bien anglais et c’est probablement l’une des seules dans le village ! Après quelques minutes de discussion, elle nous propose de rencontrer le « grand-père » qui saura assouvir notre curiosité sur la culture Orang Asli 😉

guérisseur-bohmo_05

Amitiés « Franco / Orang-Asliennes » 😉

Entourés d’une ribambelle de jeunes enfants, nous pénétrons dans la maison du grand-père qui nous offre chaleureusement un bon thé à boire. C’est avec une petite lumière dans les yeux qu’il nous raconte l’amitié particulière qu’il entretient pour les Français. Nous apprenons avec stupéfaction que ce sont des Français qui ont aidé sa tribu à construire une route entre la ville et leur village ainsi que leurs maisons en ciment. Il y a de cela plus de 20 ans… Certains français se sont même mariés avec des femmes Orang Asli et sont partis vivre en France.

Un soupçon de tristesse se marque alors sur son visage lorsqu’il évoque ne plus avoir de contacts avec ses anciens amis de l’autre bout du monde… Il aurait bien aimé également que nous restions quelques jours chez lui… Nous en apprenons un peu plus sur la culture des Orang Asli, notamment sur leur croyance animiste et leurs cérémonies. Nous découvrons aussi les difficultés d’intégration et les nombreuses discriminations auxquelles ils font malheureusement encore face aujourd’hui en Malaisie.

Voici maintenant le moment tant attendu de rencontrer un guérisseur bomoh Orang Asli ! Tatata… Roulements de tambours… Et … Patatra ! En fait, il n’y a pas de guérisseur dans le village! Mais accrochez-vous bien, ce n’est pas déjà fini 😉

guérisseur-bohmo_02

L’oncle de Linda est guérisseur bomoh !

Dukun ou bomoh ?

Nous qui cherchions un « dukun », le bon nom utilisé là-bas pour désigner un guérisseur est en fait « bomoh » !

Et en un claquement de doit, Linda nous apprend que son oncle est guérisseur bomoh. Plus fou encore, elle et sa famille ont prévu de lui rendre visite le jour même afin de participer à une cérémonie de désenvoûtement pour son beau frère ! Vous imaginez bien la question que nous lui avons posée…

La famille est d’accord pour que nous participions à la cérémonie et l’oncle veut bien répondre au préalable à quelques-unes de nos question. On dirait bien que le hasard nous file encore un bon petit coup de pouce, hein !? 😉 Nous voilà donc parti en fin d’après-midi, à destination de Chenderiang, près de Tapah.

C’est dans un certain brouhaha que nous sommes accueillis dans la maison de l’oncle de Linda… Dehors, des jeunes sont en train de jouer un petit concert de musique… Jouer n’est peut-être pas vraiment le bon mot… Nos oreilles saignent un peu… Mais cela ne nous empêchera pas de nous entretenir tant bien que mal avec le guérisseur pendant une bonne petite heure 🙂

Le travail spirituel du guérisseur bomoh

A la différence des précédents guérisseurs que nous avons rencontrés en Indonésie, à Bali ou au lac Toba, le guérisseur bomoh nous apprend que son savoir à lui ne lui a pas été transmis de génération en génération par ses parents, ni par l’intermédiaire d’un livre sacré ancien. Depuis 40 ans qu’il pratique quotidiennement, il a vu passé des milliers de personnes qui viennent le consulter pour divers problèmes. Son cheval de bataille à lui, c’est de régler les problèmes d’ordre spirituel qui mettent en jeu des esprits malveillants ou de la magie noire employée pour nuire aux personnes. Il organise pour cela des cérémonies comme celle à laquelle nous avons pu assister le soir-même.

Entretien préalable avec le jeune patient

guérisseur-bohmo_04
Le beau frère malade, sa femme et leur enfant

Avant le début de la cérémonie, nous discutons avec le jeune homme malade qui se trouve être le beau-frère de notre amie Linda. Depuis plusieurs mois déjà, il se plaint de douleurs lancinantes dans les membres, accompagnées qu’une perte de sensibilité, principalement au niveau des bras. Le jeune homme a bien essayé de se faire soigner par la médecine conventionnelle. Rien y fait, les douleurs persistent et c’est pourquoi il a décidé de faire appel au médecin traditionnel.

Il s’avère que le début des symptômes coincident avec un événement traumatisant que le jeune homme a vécu lors d’une intervention dans son travail de policier. Quelques mois auparavant, les policiers ont démantelé un gros traffic de personnes entre la Thaïlande et la Malaisie. L’horreur, c’est que les policiers ont mis la main sur un gros charnier et qu’ils ont du déterrer de nombreux corps afin de les analyser pour le bien de l’enquête puis de leur offrir de dignes funérailles. Visiblement, certaines âmes désincarnées semblent être restées « accrochées » à notre jeune policier qui depuis a déclaré ses symptômes.

Le guérisseur bomoh commence la cérémonie…

La nuit vient de tomber. Le guérisseur bomoh nous invite à nous asseoir tous ensemble dans une pièce. A l’intérieur, il y a nous, la famille de Linda ainsi celle du guérisseur bomoh. Les enfants sont présents également. Une dizaine de personnes au total. Quelques temps avant, le guérisseur bomoh nous expliquait l’importance de pratiquer la cérémonie pendant la nuit, dans le noir complet. Car c’est seulement à ce moment là que les esprits font leur travail et que le guérisseur bomoh est en mesure de rentrer en contact auditif et visuel avec eux. Les esprits guérisseurs, nous avons cru comprendre qu’ils étaient essentiellement d’anciens Orang Asli qui veillent sur leurs enfants en œuvrant auprès des guérisseurs. Petite consigne, ne pas porter sur soi de parfum car les esprits n’aiment pas ça !

Une petite bougie comme seule lumière dans la pièce. Le guérisseur bomoh, assisté de son fils et de sa femme, commence alors à réciter ce qui semble être des mantras. Puis le dernier éclat de lumière s’éteint, faisant place à l’obscurité la plus totale. Surgissent alors de la nuit une myriade de bruits: des souffles, des cris, des gémissements, des bruits de sucions, des cris d’oiseau, le son de fouets… De quoi inspirer le scénario d’un bon film d’horreur… Étrangement, l’atmosphère dans la pièce reste plutôt  « décontractée » 😉 Les enfants gesticulent, les femmes chuchotent… A certains moments, nous entendons comme les paroles d’un vieux monsieur. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agissait d’un des esprits qui s’exprimait par la bouche du guérisseur bomoh…

La cérémonie se termine …

Après une bonne demi-heure d’obscurité, la lumière se rallume et la cérémonie se clôture par quelques incantations et rituels de nettoyage. Le guérisseur fouette gentiment le malade à l’aide de branchages. Nous apprenons que ce rituel n’est que le premier des quatre rituels qui se succéderont les jours suivants, dans les mêmes conditions. Nous échangeons quelques mots avec le jeune « désenvoûté ». A priori, tout s’est bien passé, même s’il semble un peu déboussolé…

Heureux et bien remplis de gratitude 😉

De retour à Tanah Rata quelques heures plus tard, nous retrouvons enfin notre lit, après une journée pour le moins riche et passionnante ! Nous sommes lessivés mais tellement heureux de ces belles rencontres et des opportunités qui se sont offertes à nous 😉 Nous remercions de tout cœur notre amie Linda ainsi que toute sa famille pour leur hospitalité, leur bienveillance ainsi que la confiance qu’ils nous ont témoigner. Merci à Facebook: nous restons bien en contact avec eux 🙂 Nous gardons bien au chaud dans nos cœurs, et pour longtemps encore, cette belle journée de Mai 2016 à la rencontre des Orang Asli 😉

J’espère que notre aventure t’a plu ! N’hésite pas à nous partager tes commentaires, tes impressions. Si la curiosité te pique et que tu n’as pas encore lu nos précédents articles à la rencontre de différents guérisseurs traditionnels, n’hésite pas à aller y faire un tour. Si tu aimes nos aventures et que tu souhaites nous soutenir, un don de ta part, quel qu’en soit le montant, sera le bienvenu. Il contribuera notamment aux frais occasionnés par les déplacements, les offrandes généralement offertes aux guérisseurs ainsi que l’aide indispensable des traducteurs.

A bientôt pour de nouvelles aventures !

je-t-emmene-en-voyage

 




Rencontre avec une guérisseuse Batak sur l’île de Samosir

Salut les amis !

Aujourd’hui, après notre rencontre avec un guérisseur Balinais, nous t’emmenons découvrir une guérisseuse Batak 😉 Batak, c’est le nom donné à cette ethnie d’Indonésie qui compte plus de 6 millions d’invidus, la plupart vivant dans la province du Nord de Sumatra. Nous, nous avons rencontré le peuple Batak vivant sur l’île de Samosir, au milieu du Lac Toba. C’est en discutant avec les locaux du village de Tuk-Tuk que nous avons pu ainsi rencontrer une guérisseuse, ou datu comme ils sont plus généralement appelés dans la tradition Batak. Accroche-toi, ça déménage !

Synchronicité ou Hasard ?

Pour commencer, le plus extraordinaire de tout, c’est sans doute la façon dont nous avons rencontré cette vieille et sage dame. Deux jours auparavant, chevauchant pour la première fois depuis notre départ un super scooter que nous avions loué, nous partons à la découverte de l’île de Samosir… Chemin faisant, alors que nous suivons la route principale (à vrai dire, une seule grande route d’environ 300 km faisant le tour de l’île), nous décidons de faire une petite virée « exploratrice » en prenant un petit chemin sur la droite 😉 Le chemin est bien casse-pipe mais ne nous ne nous démontons pas. Rhéa descend du scootter le temps de traverser un passage compliqué, puis nous continuons notre percée en direction du lac. Au bout du chemin, nous arrivons à un « cul-de-sac », un pâté de maisons traditionnelles avec une grande cour centrale. Un chien nous accueille en aboyant… nous décidons de ne pas l’offenser et faisons demi-tour 😉

des-hasard-guerisseuse

Vous nous croirez ou pas mais le sur-lendemain, le guide local nous emmène chez la guérisseuse qui, tenez-vous bien, habite exactement au bout du chemin, là où nous avions fait demi-tour l’avant veille! Il est des jours où l’on se dit: « Et beh, quelle sacrée coïncidence quand même ! » 😉 Moi qui aime bien faire des statistiques, je ne me suis pas amusé à calculer, mais je peux seulement te dire que les probabilités sont plutôt faible d’être revenu exactement au même endroit… Enfin bon… Je crois que ce voyage n’a pas fini de nous étonner 🙂

Une rencontre suprenante

Cette fois-ci, le cadre est très différent de celui que nous avons vécu auprès du guérisseur balinais. Nous laissons notre scooter dans la cour. Quelques minutes plus tard, une vieille dame fortement voutée par le poids des années s’avance vers nous. On dirait qu’elle vient du jardin. Nous croisons furtivement son regard. Je suis surpris de constater qu’elle ne nous regardera presque jamais dans les yeux au cours de la rencontre, s’exprimant directement à notre guide/interprète. Difficile de lui donner un âge… Peut-être 80 ans, peut-être plus… En tout cas, elle nous confiera que cela fait plus de 25 ans qu’elle exerce son métier de Datu.

betel-guerisseuse

 Sa bouche aurait pu faire fuir plus d’un touriste. Non pas à cause de sa dentition mais parce que le liquide rouge-orangé qui peinture ses lèvres et l’intérieur de sa bouche laisse à penser qu’elle vient de croquer un morceau de chair sanguinolante… En fait, comme nous avons pu l’expérimenter la veille, il s’agit d’une sorte de chique composée de la feuille d’une liane grimpante, le bétel (Piper betle), accompagnée de quelques « épices secrètes » et qui semblent posséder plein de vertus, notamment pour protéger les dents. Un goût… comment dire… « très spécial » 😉 En tout cas, je ne vous conseille pas d’en consommer avant un rendez-vous galant 😉

Nous suivons ensuite notre guide dans la maison de la vieille dame. Une demeure très sommère, très « pauvre » j’aurais envie de dire, autant d’un point de vue matériel (peu de meubles, pas de fenêtres) qu’hygiénique. C’est que les gens ici vivent avec très peu de choses et semblent s’en contenter la plupart du temps. C’est aussi une part de leur culture et de leur mode de vie et je pense que mon regard d’occidental est parfois un peu interpellé. Je me dis que ces gens sont probablement dans le besoin – ce qui est peut être le cas très souvent – néanmoins, ces gens là semblent aussi accoutumés à un mode de vie beaucoup plus précaire que le nôtre, sans nécessairement manquer de quelque chose… C’est un peu paradoxal…

La guérisseuse nous invite alors à nous assoir sur un tapis, les uns à côté des autres, puis de lui poser nos questions. Cette fois-ci, nous nous sommes bien préparés avec Rhéa 😉 Avant de venir, nous nous sommes dit : « Ok, nous sommes bien curieux de découvrir un peu comment cette dame s’y prend pour soigner. Mais ce qui serait chouette aussi, c’est de lui poser la même question personnelle que nous avions posée au guérisseur balinais, à savoir est-ce que notre couple est bien portant ? » 🙂 Pas fou, hein ? Comme ça nous poserons la question à tous les guérisseurs traditionnels que nous croiserons sur notre chemin et à la fin, nous ferons le bilan !

Révélations personnelles

revelation-guerisseuseL’extraordinaire commence alors… Après avoir préparé une petite chique à machouiller dont elle-seule a le secret, la vieille dame nous fait choisir à chacun une feuille de bétel pour y lire notre histoire personnelle et répondre à notre grande question 😉 La guérisseuse nous dira plus tard que c’est à ce moment là qu’elle rentre en connexion avec les Esprits. Ces derniers lui révèlent alors ce qu’il y a d’important à nous transmettre.

En ce qui me concerne, je vous partage simplement que la vieille dame me parle d’une âme ou esprit féminin. Elle se présente être la soeur de mon grand-père paternel et qu’elle est décédée relativement jeune. A cette évocation, je ne vois absolument pas du tout, mais vraiment pas du tout, de quoi elle me parle… Je me rends compte que je ne sais même pas si mon grand-père avait des frères et soeurs… Ce n’est que le soir, lorsque j’ai demandé à mes parents, que j’en ai eu la confirmation: mon grand-père avait bien une soeur, décédée entre 55 et 60 ans… Visiblement, ma grande tante m’accompagne et m’assiste lorsque je fais des massages 🙂

Pour Rhéa, l’expérience est tout aussi troublante. La vieille dame lui parle d’un homme et d’une femme qui nourrissent une certaine jalousie à son égard, notamment à cause des nombreuses amitiés que Rhéa a su développer dans son milieu personnel et professionnel. Le remède est simple: écrire sur sa voute plantaire le nom des personnes supposées malveillantes. Il n’y a plus qu’à fouler du pied ces esprits néfastes pour s’en débarasser et ne plus en être influencée 😉 Facile non ?

Quant à notre grande « Question d’Amour », non seulement nos histoires se complètent bien l’une et l’autre mais les deux feuilles de bétel pouvaient presque se superposer! Autant te dire que nous sommes un peu comme cul-et-chemise dans notre relation amoureuse 😉 Bonne nouvelle, non ?

La guérisseuse nous raconte un peu sa vie et sa pratique …

guerisseuse_batakDans la deuxième partie de la rencontre avec la guérisseuse, nous avons pu en savoir un peu plus sur sa vie et la manière dont elle procéde pour guérir les personnes qui viennent la consulter d’un peu partout, des quatres coins de l’île. Ce n’est qu’au milieu de sa vie (sans doute vers ses 40 ans) qu’elle a commencé à exercer son oeuvre de guérisseuse. Autant que nous avons pu le comprendre, c’est après un accident tragique, le suicide de sa belle-mère avec qui elle ne s’entendait pas du tout, que les Esprits ont réveillé en elle ses capacités de guérisseuse. Issue d’une lignée de guérisseur, elle est donc la digne héritiaire d’un savoir ancestral transmis de génération en génération.

Lorsqu’elle réalise le diagnostic d’une personne, ce sont généralement les Esprits, notamment les esprits de ses grands-parents, qui lui insufflent la connaissance sur l’état et la problématique de la personne ainsi que les remèdes les plus appropriés. Chose importante, c’est toujours par l’intermédiaire de la feuille de bétel que la guérisseuse semble décoder le message de Esprits. A chacun son média pour décrypter le language des Esprits… Pour notre guérisseur Balinais, il s’agit d’un livre, chez notre guérisseuse Batak il s’agit de la feuille d’une liane…

Pour les Datu, la plupart des problématiques chez les gens procède généralement de l’influence néfaste de mauvais esprits sur la personne. Grâce à la guérisseuse, notre guide nous confie alors avoir été lui-même débarrassé de plusieurs mauvais esprits qui le possédaient à l’époque. Une autre fois, la guérisseuse a su guérir efficacement sa clavicule cassée. Quoiqu’il en soit, la guérisseuse demande toujours au préalable aux Esprits, les bons remèdes et conseils  pour la personne.

Cette deuxième rencontre avec un guérisseur en Indonésie nous montre combien la médecine traditionnelle chez les Bataks Toba, et plus généralement leurs croyances animistes ancestrales, sont encore largement intégrées dans la société contemporaine. D’ailleurs, leur culture traditionnelle se mélange très bien avec la religion principale qu’est le Catholicisme, « importé » il y a 200 ans à peine. Sans trop s’épancher sur le sujet, la guérisseuse nous confit ne pas nourrir d’affection particulière à l’égard de la médecine moderne… Ce qui est sûr, c’est que les Bataks Toba viennent généralement consulter le guérisseur traditionnel avant de se tourner vers la médecine moderne, d’autant qu’ils restent encore assez isolés géographiquement des grandes métropoles et de leurs services de santé.

Ce que nous retenons

apprentissage-guerisseuseDe façon générale, les médecines traditionnelles en Indonésie nous apparaissent comme très diversifiées et l’on n’aurait pas assez de toute une vie pour toutes les explorer… A moins que vous ne nous souteniez par vos dons généreux ! 🙂 Nous nous sentons très reconnaissant et joyeux de décrouvrir l’intérieur de notre beau monde et de ses différentes cultures. Peut-être qu’une fois prochaine, nous tenterons d’aller encore plus loin à la rencontre des médecines traditionnelles en tentant de vivre plusieurs jours au côté de guérisseurs qui accepteraient bien de nous accueillir parmi eux… On verra bien si l’occasion se présente !

Nous espérons que ce nouvel article t’a plu. N’hésite pas à le partager autour de toi, à nous écrire tes commentaires et tes réflexions. C’est que nous prenons aussi un grand plaisir à nourrir cet échange de voyage avec toi 🙂

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Clément & Rhéa




Guérisseur à Bali : une « Sacrée » Rencontre !

Salut à toi !

Aujourd’hui nous t’emmenons à la rencontre, pour le moins étrange, d’un guérisseur balinais que nous avons pu consulter grâce à notre super guide Ayutri 🙂 Nous souhaitions lui poser quelques questions sur sa manière de pratiquer et sa vision de la guérison.

Pour commencer, il est important de savoir que la grande majorité des Balinais sont profondément ancrés dans la tradition Hindoue. Dans cette tradition, le guérisseur occupe une place très importante car il appartient à la plus haute des 4 castes structurant la société hindoue, celle des brahmanes, chargée de professer le Brahman (l’équivalent de Dieu, chez les chrétiens, ou de Hallah chez les musulmans).

En fait, pour être plus précis, on peut distinguer trois différents types de guérisseurs chez les Balinais, chacun ayant sa propre spécialité. L’un sera consulté comme conseiller face aux problématiques de la vie de tous les jours. Un autre sera plus spécialisé sur la résolution des maladies en prescrivant notamment l’usage de plantes médicinales. Enfin, un troisième type de guérisseur doué de capacités telles que la voyance, la médiumnité et la communication avec les esprits. Son but est d’orienter et de donner du sens à la vie présente de la personne à partir de ses vies passées (karma) et d’apporter des informations pour son futur.

Ces trois types de guérisseurs sont très respectés par les Balinais qui les consultent à chacune des grandes étapes de leur vie (naissance, mariage, etc.). Le destin a fait que nous avons rencontré ce troisième type de guérisseur… Ououou ! Alors… Accroche-toi et tiens bon  !!! Nous avons donc eu la chance de rencontrer un guérisseur réputé vivant à Mas dans la région d’Ubud : le brahmane Ida Pendanda Dwija Kenaka 😉

guerisseur-bali-01

Arrivés vers 9h00 et vêtus des sarongs que nous avait prêtés Ayutri pour l’occasion, nous pénétrons dans la magnifique demeure du guérisseur. Il y reçoit quotidiennement les personnes venant le consulter pour tous types de problèmes existentiels liés à la maladie, au travail ou encore à la famille. Lorsque notre tour arrive, nous saluons le brahmane et lui déposons un panier fleuri en guise d’offrande, à l’intérieur duquel nous mettons, comme il est de coutume de le faire, quelques billets (20€ environ).

Nous nous asseyons devant lui et il nous invite alors à lui poser une première question, une question personnelle pour laquelle nous souhaiterions avoir un éclairage. Je ne vous cache pas qu’à ce moment là, avec Rhéa, nous nous sommes regardés avec un air un peu dubitatif et interrogateur 🙂 Au bout de quelques secondes, la question qui nous est venue spontanément fût de lui demander si nous étions bien accordés pour vivre ensemble. Question classique mais c’est quand même un peu stressant 😛 Le brahmane nous invite alors à lui fournir nos dates de naissance afin qu’il puisse y lire le récit de nos vies présentes, mais aussi passées et futures… et enfin répondre à LA grande question existentielle que nous lui posons 🙂

Après avoir consulté son livre sacré, un héritage de ses ancêtres qui étaient eux aussi brahmanes, le guérisseur commence à parler de nous, de nos tempéraments, de nos fragilités et aussi de nos forces. Il nous donne également des conseils et des recommandations sur les jours du mois et de la semaine les plus favorables pour nous si l’on souhaite entreprendre des choses importantes dans notre vie. Nous ne rentrerons pas ici dans les détails personnels de ce qu’il nous a dit, mais je dois bien vous avouer que c’était assez bluffant de reconnaître dans ce qu’il nous disait de nombreux aspects de nous-mêmes que nous connaissions déjà. Et quant à l’équilibre de notre vie de couple…. TADAM ! Nous sommes rassurés. Nos dates de naissance sont bien compatibles, ce qui veut dire que nous nous complétons plutôt bien avec Rhéa. C’est une bonne nouvelle non ?! 😉

Je ne vous cache pas qu’intérieurement une petite partie de moi s’est demandée : « Et si notre couple était « incompatible », le guérisseur nous l’aurait-il dit ? Et quoi faire dans ce cas là, qu’en penser ? »… Je crois que c’est une attitude parfois présente en moi de remettre en question ce que j’entends, surtout lorsque cela vient de quelqu’un que je ne connais pas. Une part de réserve qui d’un côté à sa place, afin de ne pas se laisser balader comme la girouette tourne dans le vent. D’un autre côté, j’aime l’idée de rester ouvert aux mystères que la vie nous réserve. Et je reconnais combien la vie a pu me réserver jusqu’à présent tant de belles surprises que je n’avais ni calculées ni anticipées ! Je choisis donc de garder aujourd’hui dans mon coeur les bons conseils que le guérisseur nous a donné 😉

Passée la lecture de nos histoires personnelle, le brahmane a ensuite accepté de répondre à quelques unes de nos questions sur sa manière de pratiquer son art divinatoire.

C’est avec grande curiosité et surprise qu’il nous raconte un bout de sa vie. Ce brahmane de 52 ans pratique depuis une quinzaine d’année son activité de guérisseur. Avant cela, il nous raconte qu’il a pu vivre une vie d’abondance, il était enseignant en économie, il aimait sortir et faire la fête. A cette époque, de nombreux malheurs se sont abattus dans sa vie, comme la perte de ses quatre premiers enfants… Un jour qu’il accompagnait ses parents à une cérémonie religieuse, il entra en transe et fut alors comme traversé par le « Grand Tout »: Brahman. Ce dernier lui révèle avec clarté le nouveau chemin qu’il doit prendre s’il souhaite accomplir sa destinée. Il comprend alors que tous les malheurs qui s’étaient abattus dans sa vie, ainsi que dans ses dernières incarnations, provenaient de son entêtetement à ne pas accepter pleinement sa mission de brahmane. Chez les Hindous, lorsqu’un malheur vous tombe dessus, ce n’est pas lié au hasard. C’est généralement la loi du karma ou l’offense faite aux Dieux. Dès lors, il fit le choix d’accepter pleinement sa mission et tout devint alors beaucoup plus simple dans sa vie.

Son enseignement, il l’a reçu en partie de son héritage familial, grâce aux livres sacrés transmis de génération en génération. Il le reçoit surtout et avant tout de l’expérience pratique du quotidien, ainsi que par le soutien des divinités et des esprits avec qui il entre en contact ponctuellement afin d’être guidé.

Sa vision de l’Humain repose avant tout sur la dimension spirituelle de l’être. Elle est la plus importante et elle englobe notre corps physique ainsi que nos émotions.

En ce qui concerne la maladie, il ne prétend pas la soigner à proprement parler puisque son rôle à lui est plutôt d’éclairer la personne sur son chemin de vie. Aussi, lorsque le patient souffre de certaines maladies, il renvoie les personnes vers d’autres guérisseurs traditionnels mais aussi des médecins modernes avec qui il entretient de bons rapports.
Son art repose essentiellement sur la lecture et l’interprétation de son livre, qu’il réalise à partir des dates de naissance que les personnes lui fournissent. Ceci afin de déterminer les influences positives et négatives qui agissent sur la personne, de déterminer leur tempérament et aussi les conditions optimales à réunir pour leur épanouissement, que ce soit dans le domaine du travail ou le choix d’un partenaire, ou encore les meilleures dates pour se marier. Bien que je ne m’y connaisse pas du tout en la matière, son approche me fait penser fortement à l’astrologie ou à la numérologie.

guerisseur-bali-02
Une fois nos curiosités assouvies 😉 nous sommes repartis bien moins « stressés » qu’à notre arrivée. Cette expérience nous a donné la banane, soulagé et rempli le coeur de gratitude pour cette belle rencontre que nous sommes très heureux de vous partager 😉 Les choses importantes que nous retiendrons de cette expérience, c’est le profond respect et le sens du sacré que les Balinais manifestent à l’égard de la Vie en général, et de leur guérisseurs en particulier. Quant au guérisseur que nous avons rencontré, nous avons senti que son ouverture et son hospitalité était vraiment remplie de bienveillance et de dévotion pour ce qu’il faisait. Nous comprenons mieux pourquoi de très nombreuses personnes viennent parfois de loin pour le consulter. Avant de nous quitter, son dernier conseil par rapport à notre voyage a été d’être vigilants et de rester prudents vis-à-vis des personnes que l’on croisera sur notre route. Nous essaierons aussi de cultiver un état d’esprit méditatif et ouvert, tout au long du chemin comme il nous l’a recommandé.

Bref… Au cours de nos prochains périples, nous tâcherons de revivre à nouveau ce genre d’expérience, de nous approcher d’un peu plus près de la culture et des traditions ancestrales dans l’art de soigner. J’espère que la lecture de cette première histoire vous aura plu et si c’est le cas, n’hésitez pas à la partager 😉

A bientôt pour de nouvelles aventures !

Clément & Rhéa